Choisir ses chaussons d’escalade, ce n’est pas comme s’acheter une paire de chaussettes ! En effet, lorsqu’on grimpe, nos chaussons doivent faire corps avec nos pieds. Il faut prendre en considération de nombreux critères : forme, matière, pointure, serrage, etc.
Autant de critères qui ont tous leurs avantages et inconvénients en terme de pratique. N’achetez donc pas vos chaussons avec pour seul critère le confort, au risque de rapidement les regretter.

1. La forme du chausson

Pour bien choisir ses chaussons d’escalade, la première chose à faire est de regarder la forme du chausson. Il en existe deux formes, en lien direct avec le niveau de pratique.

Chausson symétrique

Chausson d'escalade symétrique

Le chausson symétrique, ou chausson droit, a une forme assez classique. Sa pointe se situe très proche du centre, ce qui permet aux débutants d’avoir un meilleur confort, mais offrant notamment la possibilité d’exercer une pression uniforme avec l’ensemble des orteils.

Chausson asymétrique

Chausson d'escalade symétrique

À l’inverse, la pointe d’un chausson asymétrique est axée sur le gros orteil. Cette décentralisation de la pointe du chausson vers notre orteil le plus fort, permet de concentrer sa technicité sur une pointe plus fine. De par leur forme moins naturelle, ce type de chausson est de manière générale moins confortable aux pieds que des chaussons symétriques… Mais bon, c’est le prix de la précision qu’ils offrent, et les grimpeurs réguliers s’y font !

Sachez que nous n’avons pas tous la même forme de pied, et que celle-ci peut-être déterminante d’un point de vue du confort, lorsqu’il s’agit de choisir ses chaussons d’escalade. Vous trouverez d’ailleurs sur Climb Camp un article dédié aux différentes formes de pieds, afin de voir où vous vous situez. Alors, plutôt standard ou OVNI ? 👽

2. La forme de la semelle

C’est principalement dans les chaussons asymétriques que l’on va distinguer plusieurs degrés de cambrure. En règle générale, plus un chaussant est plat plus il se rapproche d’une chaussure classique ; il sera donc plus confortable et moins technique. À l’inverse, plus un chaussant sera cambré, plus il épousera notre voûte plantaire et plus il donnera la sensation de ne faire qu’un avec son chausson. Il sera donc plus technique mais moins confortable.

Il faut parfois savoir sacrifier son confort si on cherche la performance…

Cambrure selon le type de chausson
Confort ou performance – la semelle y est pour quelque chose !

Semelle classique spatulée

Ces semelles sont très semblables à des chaussures normales. L’anatomie du pied est respectée : une légère courbure vers le haut, une largeur du pied respectée. Il s’agit d’un chausson très confortable principalement destiné au loisir, aux débutants et grimpeurs occasionnels recherchant le confort avant tout.

Un grimpeur qui opte pour ce type de semelle, ne passe généralement pas un temps fou à choisir ses chaussons d’escalade. Son attente est simple : du confort !

Semelle technique et plate

Le chausson reste ici relativement plat, mais là, il sera plus étroit afin de mieux épouser notre pied. Malgré son aspect global plat, on va parfois commencer à observer une très légère courbure vers le bas, ouvrant les portes à la technique. Ces chaussons seront en conséquence davantage destinés à des grimpeurs autonomes et plus réguliers, qui ont les bases de la grimpe.

Semelle technique

Là, c’est le must ! Sa courbure plongeante et sa forme griffé lui donnent un côté agressif. Semelle et chaussant techniques, on est ici sur un chausson qui a absolument tout pour vous faire briller lors de vos ascensions ! Ça sera bien évidemment en mettant votre confort de côté, car vous l’aurez compris, en escalade, performance et confort ne font pas la paire ! 😅

Destinés aux experts de bloc principalement, on les utilise également en voies techniques pas trop longues.

3. La souplesse

Bien choisir ses chaussons d’escalade, c’est aussi considérer la dureté de sa gomme. La souplesse d’un chausson ne se voit pas à l’œil nu, elle se distingue en enfilant le chausson puis en essayant de plier sa partie avant. Souplesse et raideur ne sont pas en compétition, elles ne jouent en fait simplement pas sur le même terrain ! Les deux présentent des avantages et des inconvénients.

Un chausson raide, ou rigide

C’est la présence d’une petite plaque intermédiaire dans le chaussant qui va apporter plus de rigidité et définir le chausson comme « raide ».

L’avantage principal de ce type de chausson est qu’il permet de décharger beaucoup de force sur de petites prises. Ils vont en conséquence s’avérer très utiles en grimpant des dalles avec un profil vertical.

Là où ça commence à pêcher, c’est dans les dévers ! En effet, qui dit devers, dit besoin de pousser pied à plat, talon vers le bas sur de larges zones d’adhérence… Et là, il faut le dire, ça répond moins.

La rigidité convient donc parfaitement aux voies contenant des petites prises, mais aussi de manière générale aux débutants qui manque encore de tonicité dans la voûte plantaire. Qui dit rigidité dit moins de fatigue sur de longues ascensions.

Un chausson souple, plus sensible

Un peu de douceur dans ce monde de brutes !

La caractéristique principale du chausson souple est qu’il va vous apporter une meilleure sensibilité, un meilleur contact avec la paroi. Leur souplesse leur confère un aspect déformable qui permet d’épouser au mieux les prises rencontrées.

Cependant, de par sa souplesse, cette gomme plus tendre présente un inconvénient principal : l’usure ! Un chausson souple s’usera en toute logique plus vite qu’un chausson d’escalade rigide. Encore une bonne raison de bien choisir ses chaussons d’escalade !

Leur usage de prédilection ? Les gros dévers et les profils surplombants ! Les grimpeurs de bloc les apprécient, et les grimpeurs en salle plus globalement.

Note : certain grimpeurs confirmés ajustent la souplesse du chausson en prenant une pointure plus courte, obtenant ainsi un chausson proche du pied et de la paroi, sans être pour autant trop souple.

4. La matière

Le cuir

Le cuir est un grand classique du chausson d’escalade. Il présente tout d’abord une grande résistance à l’usure.

Il possède un autre avantage dû à son élasticité. En effet, on dit que le cuir « cède », cela signifie qu’il va s’étirer un petit peu. Cela permet d’avoir un chausson quelque peu sur-mesure, car il va s’allonger et s’étirer sur les côtés, faisant office de seconde peau autour de notre pied.

Qui dit chausson se détendant légèrement dit attention à la pointure initiale ! Il serait bête de le prendre trop ample, et qu’il finisse trop grand… Il est donc normal qu’un chausson en cuir soit très serré à l’achat, car il va se détendre peu à peu, là ou le synthétique ne bougera quasiment pas.

Le synthétique

Comme je vous le disais juste avant, les chaussons d’escalade en synthétique ne se détendent quasiment pas, ils ont plutôt tendance à s’assouplir… Et oui, ce n’est pas la même chose ! Là où le cuir var permettre de s’étirer, le chausson synthétique deviendra quant à lui plus malléable au fil du temps.

Ce type de chaussons présente un inconvénient lié aux odeurs ! Et oui, dans le temps, le synthétique gère moins bien les mauvaises odeurs que le cuir.

Aujourd’hui, malgré les avancées technologiques et selon les points cités ci-dessus, un bon chausson synthétique ne vaut généralement pas encore un chausson en cuir.

5. Le système de fermeture

Fermeture élastique

Fermeture ballerine

Aussi appelée fermeture « ballerine » , ce type de chaussons d’escalade est très confortable et surtout simple à chausser et déchausser.

Cependant, avec le temps, l’élasticité du serrage diminue et ils auront tendance à avoir une moins bonne tenue sur le pied. Cette détente des élastiques va réduire l’efficacité des mouvements de crochetage avec les talons.

Leur grand confort fait qu’ils sont appréciés des grimpeurs en salle ainsi que des grimpeurs escaladant de longues voies classiques.

Fermeture velcro (scratch)

Fermeture velcro

Il s’agit du système de serrage le plus répandu. Un, deux ou trois scratchs… Paré à grimper ! Il présente les avantages du chausson ballerine tout en permettant de conserver un serrage rapide et un ajustement précis durant toute la vie du chausson.

Les velcros peuvent se serrer dans le même sens, mais aussi parfois en sens inverse, permettant ainsi de contrôler la pression exercée.

Idéals en voie et en bloc, ils permettent d’ajuster le serrage tout en soulageant la pression sur les pieds entre les ascensions.

Fermeture lacets

Fermeture lacets

Simple, classique mais efficace ! L’avantage principal du lacet est qu’il permet d’ajuster la pression, mais aussi la localisation du serrage : très utile pour les grimpeurs ayant des pieds qui sortent de l’ordinaire (zones plus gonflées, forme irrégulière sur le dessus..).

Le lacet assure un serrage de qualité et constant dans le temps.

6. La pointure

Aaah, la pointure ! Un chausson d’escalade doit-il être à ma pointure ? Une taille en dessous de ma pointure ? 2 tailles ? 12 ?!

Lorsqu’on commence l’escalade, on entend souvent nos amis grimpeurs nous recommander de prendre des pointures bien inférieures à notre pointure classique de chaussures, afin d’avoir un bon contrôle sur les prises avec nos pointes de pieds.

Attention, car certes, si une paire de chaussons d’escalade doit faire office de seconde peau, elle ne doit en aucun cas nous faire souffrir ! Si un chausson serré nous permet d’avoir une meilleure accroche, un meilleur contrôle… Un chausson trop serré aura l’effet inverse, car il sera à l’origine de bien des problèmes : hématomes sous les ongles, cors aux pieds, ongles incarnés, hallux valgus… Et j’en passe !

Qui dit bien choisir ses chaussons d’escalade, dit avant tout bien choisir leur pointure. Tout est question de juste-milieu entre sensibilité et efficacité ! Nous ne vous recommanderons jamais assez de toujours essayer un chausson d’escalade avant de l’acheter !

De manière générale, on dit que, sans arriver au stade douloureux, plus votre chausson sera serré, plus vous serez efficace !

Un chausson à la bonne taille, c’est :

  1. la sensation de bien remplir le chausson,
  2. des orteils légèrement recroquevillés,
  3. ne pas sentir de vide au niveau de la voûte plantaire et du talon,
  4. être serré oui, mais pas au point de souffrir !

N’oubliez pas de prendre en compte le fait que selon la matière du chausson, il pourra être amené à plus ou moins se détendre !

Résumé : bien choisir ses chaussons d’escalade

Et oui, ça fait beaucoup d’informations d’un coup, et si vous êtes ici, c’est probablement que vous envisagez de vous acheter une paire de chaussons. Et comme choisir ses chaussons d’escalade n’est pas chose simple, on vous a pondu un petit résumé dans lequel on fait volontairement des petits raccourcis, pour vous simplifier la vie ! 😉

  1. Forme du chausson : symétrique pour les débutants. Asymétrique pour plus de performances.
  2. Semelle : plate et large pour du confort et une semelle plus étroite et cambrée pour de la performance.
  3. Souplesse : des chaussons rigides pour un meilleur appui sur les petites prises (notamment en dalle), une meilleure durabilité, combler un manque de tonicité dans la voûte plantaire, mais aussi pour moins se fatiguer en voie. Des chaussons souples pour une meilleure sensibilité et un meilleur contact avec les prises. Des chaussons souples sont très appréciés en devers et profils surplombants.
  4. Matière : en cuir, pour une grande résistance à l’usure, un chausson qui va s’adapter à notre pied en s’étirant (prendre une pointure relativement plus petite à l’achat). Le synthétique se déforme moins, sent plus et est généralement moins confortable (ne pas prendre une pointure trop petite à l’achat).
  5. Système de fermeture : du velcro pour un serrage rapide et ajusté. Des lacets permettant d’ajuster le serrage par zone, pour des pieds irréguliers. Ballerine, pour du confort et de la praticité.
  6. Pointure : essayer, essayer, essayer…. Et essayer. Serré, mais pas trop !

C’est parce qu’on sait que choisir ses chaussons d’escalade s’avère parfois être un véritable parcours du combattant que nous avons décidé de réaliser ce guide. L’équipe vous souhaite de trouver pointure à votre pied pour progresser sans douiller !

[Coup de coeur #2] PACK FORCE

« J'aimerais bien avoir le haut du corps plus musclé et des jambes toniques... »

💪 Impossibilité de faire un mouvement dynamique ? Difficulté à effectuer un mouvement de traction suffisamment ample ? Trop faible poussée sur ses jambes ? Il arrive un niveau où il n’est plus possible de progresser sans passer par la case musculation..

💬 Le renforcement avec des bandes élastiques va vous permettre de considérablement débelopper vos muscles profonds grâce à une tension progressive et continue lors des mouvements. Renforcer ses muscles profonds est une priorité pour progresser en escalade, cela permet de limiter les risques de blessures et développer sa puissance musculaire, sa tonicité et sa résistance.